• Fantastique, ce Berlioz

    Que vous le croyiez ou non, je suis d'humeur romantique en ce moment, et j'ai terriblement envie de vous faire un petit article sur une symphonie que j'adore, la « symphonie fantastique » de Berlioz.

    ~

    Je vous explique le contexte, qui est très important puisque cette symphonie est non seulement une œuvre autobiographique, mais aussi une « musique à programme », c'est-à-dire qu'elle suit une narration précise (qu'elle raconte une histoire pour vulgariser la chose) : Berlioz est amoureux d'une actrice qui l'obsède, mais ses sentiments ne semblent pas réciproques. Il décide de tenter de la séduire en composant la fameuse « symphonie fantastique ».

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    J'aurais voulu m'attarder sur chaque mouvement, mais l'article aurait fait 3km de long (haha, je parle trop), c'est pourquoi je ne détaillerai que ce qui concerne le mouvement n°5 « Songe d'une nuit de sabbat », mon préféré musicalement.

    La symphonie est composée de 5 mouvements qui, rangés chronologiquement, racontent un passage de la vie de Berlioz, en l’occurrence son amour passionné pour la jeune actrice.

    • Le mouvement n°1, « Rêveries - Passions » laisse imaginer la rencontre entre Berlioz et sa bien-aimée, qui représente pour lui la femme idéale. Elle est représentée par une courte mélodie, souvent appelée « idée fixe » : en effet, c'est un leitmotiv qui apparaîtra dans tous les mouvement, et qui mimera ainsi l’obsession de Berlioz pour la jeune femme. D'autres procédés (crescendos-decreshendos, piano …) transcrivent quant à eux les doutes, la timidité et la passion violente du compositeur.

    • Le mouvement n°2, « Un bal », s'attarde sur un événement commun de la vie de Berlioz, un fameux « bal » donc. Le leitmotiv intervient alors, nous laissant deviner que la jeune actrice occupe totalement les pensées du compositeur.

    • Le mouvement n°3 s'intitule « scène aux champs » : Berlioz se trouve sans aucun doute à la campagne, lieu qui lui permet de réfléchir, de faire le point sur ces sentiments et de se calmer. Pourtant, ses doutes et espoirs viennent troubler l'ambiance sereine. Le mouvement se termine sur des bruits d'orage : le compositeur est seul face à sa jalousie pour un possible autre prétendant.

    • Le quatrième mouvement, « Marche au supplice », est bien plus sombre : la jeune femme qu'il aime ne répond pas à ses sentiments. Il sombre dans le désespoir, vite suivi de la colère : elle ne le comprend pas. Il tente alors de se suicider en ingurgitant une dose de poison, hélas trop faible : il est plongé dans un sommeil profond peuplé d'hallucinations terrifiantes dans lequel il tue sa bien-aimée. Condamné à mort pour son meurtre, il est alors spectateur de sa propre exécution ! Après une dernière pensée pour l'actrice (le leitmotiv), il se fait trancher la tête.

    • Enfin, comme promis, le cinquième mouvement « Songe d'une nuit de sabbat » 

    Lors d'une nuit de sabbat, d'horribles créatures viennent assister à son enterrement : sorcières et monstres en tout genre sont présents. Les trémolos aux cordes et les timbales installent au début une atmosphère oppressante. La tension monte (crescendo) pour brusquement redescendre sur des notes piquées aux cors. Comme les violons et les flûtes, ces notes imitent les rires malsains des créatures présentes. Le procédé se répète, puis le leitmotiv représentant la femme aimée fait alors son apparition à la clarinette et plus tard au hautbois (le petit motif sautillant), mais est cette-fois dénué de beauté, de fragilité et de douceur : il est ricanant, la jeune femme se moque de lui.

    Plus tard, des cloches viennent donner un aspect funèbre à la mélodie, et le leitmotiv fait de courtes apparitions (mineures cette fois). A 3:40, les basses entonnent le « dies irae », que vous avez peut-être déjà entendu dans des requiems puisque ce thème est souvent associé aux messes des morts : l'ambiance devient pesante. Il y aurait encore plein de détails à aborder avant, mais la pièce se termine dans un vacarme assourdissant, nous laissant imaginer les monstres dansant sur sa tombe. Berlioz se réveille alors de ce cauchemar ...

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    Happy end ? Si j'étais vous, je n'en serais pas si sûre ... En espérant que cet article vous aura plu, même aux moins amateurs de classique d'entre vous !


  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Mai 2017 à 19:48

    J'aime bien cet article, vraiment :)

    2
    Mardi 9 Mai 2017 à 21:05

    Wow, tu ne peux pas savoir à quel point je suis contente de lire ton commentaire. A la base, ces articles sur la musique classique, je ne pensais les écrire que pour moi, alors savoir que tu l'as apprécié me motive vraiment o/

    3
    POUPETTE
    Vendredi 3 Août à 23:28

    Wesh ton site c'est trop de la balle Beau article sur la musique mm si je suis + sur le rap en ce moment

    4
    Vendredi 3 Août à 23:51

    Merci d'être passé ! J'espère qu'au travers de ce blog tu découvriras les merveilleux mondes de la musique classique et de l'orthographe ;)

    Ps : Nice pseudo, t'es un chic type toi

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